Faut-il traduire la poésie ?

Faut-il traduire la poésie ?

Parce qu’elle est affaire de jeux de langage, de formes et bien souvent de musicalité, la poésie, plus encore qu’un autre genre littéraire, résiste à la traduction. Elle n’a pourtant cessé d’être traduite depuis des siècles alors, comment traduire l’intraduisible ?

Si traduire la poésie est souvent considéré comme irréalisable, l’affaire n’a pourtant pas découragé la plupart des traducteurs. Le célèbre écrivain et philosophe français Albert Camus avait d’ailleurs une position très tranchée sur le sujet : la poésie étant par essence intraduisible, il se refusait à lire la poésie étrangère en traduction.

Il était d’ailleurs très frustré de ne pouvoir découvrir certains poètes dont il ne maîtrisait pas la langue mais s’imposait cela afin de ne pas dénaturer sa perception de l’œuvre originelle, par respect pour son auteur.

Lorsqu’il fut interrogé en conférence de presse en 1957, juste avant de recevoir son Prix Nobel de littérature, Camus avait d’ailleurs mentionné René Char lorsqu’un journaliste suédois lui avait demandé s’il entretenait une certaine forme d’admiration pour quelque compatriote. Invitant son auditoire à découvrir Char, il lâchait, au détour d’une phrase : « Malheureusement, la poésie ne se traduit pas ». Continue reading

Nouvelle traduction pour le roman phare d'Hemingway "Le vieil homme et la mer"

Nouvelle traduction pour le roman phare d’Hemingway “Le vieil homme et la mer”

Le célèbre roman de l’auteur américain Ernest Hemingway vient de bénéficier d’une nouvelle traduction, plus de soixante cinq après sa toute première parution en français. Une occasion de relire celui qui fut récompensé, en 1954, par le prestigieux prix Nobel de littérature.

Une partie de pêche qui finit en queue de poisson. La lutte vaine d’un vieux et pauvre pêcheur contre un poisson gigantesque. Le récit du “vieil homme et la mer” tient sans nul doute de la parabole. Il est le dernier roman d’Ernest Hemingway publié de son vivant et un passage obligé pour des générations de collégiens. Soixante-cinq ans après sa parution dans sa collection blanche, l’éditeur Gallimard en publie une nouvelle traduction.

Au contraire des œuvres originales, les traductions vieillissent. La première version de Jean Dutourd était d’ailleurs controversée depuis quelques années déjà.

En 2012, l’écrivain François Bon jugeait publiquement la traduction “lourdingue” et diffusait, sur internet, sa propre version du “Vieil homme et la mer”. On pouvait l’obtenir pour quelques euros, sauf que l’œuvre d’Ernest Hemingway n’était pas encore dans le domaine public.

Gallimard renvoie cette traduction “sauvage” aux oubliettes et réplique aujourd’hui Continue reading