Faut-il traduire la poésie ?

Faut-il traduire la poésie ?

Parce qu’elle est affaire de jeux de langage, de formes et bien souvent de musicalité, la poésie, plus encore qu’un autre genre littéraire, résiste à la traduction. Elle n’a pourtant cessé d’être traduite depuis des siècles alors, comment traduire l’intraduisible ?

Si traduire la poésie est souvent considéré comme irréalisable, l’affaire n’a pourtant pas découragé la plupart des traducteurs. Le célèbre écrivain et philosophe français Albert Camus avait d’ailleurs une position très tranchée sur le sujet : la poésie étant par essence intraduisible, il se refusait à lire la poésie étrangère en traduction.

Il était d’ailleurs très frustré de ne pouvoir découvrir certains poètes dont il ne maîtrisait pas la langue mais s’imposait cela afin de ne pas dénaturer sa perception de l’œuvre originelle, par respect pour son auteur.

Lorsqu’il fut interrogé en conférence de presse en 1957, juste avant de recevoir son Prix Nobel de littérature, Camus avait d’ailleurs mentionné René Char lorsqu’un journaliste suédois lui avait demandé s’il entretenait une certaine forme d’admiration pour quelque compatriote. Invitant son auditoire à découvrir Char, il lâchait, au détour d’une phrase : « Malheureusement, la poésie ne se traduit pas ». Continue reading

50 Nuances de Grey: une traduction marathon 1

50 Nuances de Grey: une traduction marathon

À l’occasion de la sortie du quatrième tome de la saga romantique sadomasochiste d’E.L. James en France, nous revenons sur l’aspect traduction du livre, pour lequel Denyse Beaulieu, qui a supervisé l’ensemble de l’adaptation, livre ses confidences.

«J’avais déjà travaillé de façon intensive, mais à ce rythme, jamais.» avoue Denyse Beaulieu. À l’occasion de la sortie du quatrième tome de la saga de 50 Nuances de Grey le 28 juillet en France, intitulé en français Grey: 50 Nuances de Grey par Christian, la traductrice revient sur ce qui a été un véritable marathon de traduction.
Déjà à l’œuvre sur les tomes I et III, Denyse Beaulieu a dû faire face à un nouveau défi. Celle qui surpervise l’adaptation a été obligée de travailler très rapidement. Ainsi, en plus d’elle, deux autres professionnels de la traduction ont été exigés, pour l’adaptation des 576 pages du roman en français. Et cela, en seulement… sept jours. «Chacun s’est mis à sa partie, au rythme de douze heures par jour.» raconte-t-elle. Continue reading