Interview de Solange H., interprète de conférence et directrice du CETIM Toulouse 3

Interview de Solange H., interprète de conférence et directrice du CETIM Toulouse

 

Bonjour à toutes et à tous,

Tout d’abord, nous souhaitons vous remercier pour les nombreux retours et encouragements que vous nous témoignez régulièrement à propos de ce blog, qui est une réussite ! Aujourd’hui, nous avons le plaisir de mettre en lumière Solange, une des figures emblématiques de notre équipe…

Alltradis : Bonjour Solange et mille mercis de m’avoir accordé un peu de ton temps, dans le cadre de cet article. Pourrais-tu, s’il te plait, te présenter à nos lecteurs et leur dire également quel a été ton parcours jusqu’à aujourd’hui, pour en arriver à exercer ce beau métier ?

  • Solange : Bonjour Benoît. C’est un plaisir que de pouvoir participer au blog d’Alltradis ! Comme tu le sais déjà, j’ai eu la chance, dès mon plus jeune âge, de connaître de nombreux pays, des langues et des cultures diverses. Fille de diplomate, et de parents de nationalité différente, j’ai vécu à la lisière de l’anglais et du français. Ce parcours m’a tout naturellement portée vers des études de langue et vers un métier qui me permettrait de retrouver cette mobilité tant physique qu’intellectuelle. Après un séjour de deux ans dans des facultés en Espagne et au Royaume- Uni (séjour exigé à cette époque, en plus du concours, pour rentrer dans une école d’interprètes), j’ai été admise à l’Ecole d’Interprètes de Genève (ETI).  Après quelques années comme free-lance sur le marché espagnol, j’ai décidé de poursuivre mes études et j’ai passé l’agrégation d’espagnol. Installée en France, tout en exerçant mon métier d’enseignante à l’Université de Toulouse II, j’ai continué à travailler comme traductrice et interprète ce qui m’a permis de créer un des premiers DESS de traduction. Ce DESS, après plusieurs transformations est devenu un Centre de Traduction à part entière que je dirige depuis de nombreuses années. J’ai envie de dire, au terme de ce parcours, que le partage de ce que l’on sait, enrichit la pratique professionnelle .

Alltradis : En plus d’être une traductrice chevronnée et une interprète de conférence des plus brillantes, tu diriges donc le CETIM (Centre de Traduction, Interprétation et Médiation Linguistique) sur Toulouse. Quel est ton secret pour concilier toutes ces activités ?

  • Solange : Tu sais, je crois qu’il n’y a pas de secret pour mener de front deux activités qui se complètent presque naturellement . Enseigner permet aussi de se remettre en cause et de réfléchir à ses propres pratiques professionnelles.  Évidemment les journées sont bien remplies et il faut constamment rééquilibrer les deux activités mais l’expérience de mon métier d’interprète et de traductrice légitime mes enseignements  et enrichit ma vie d’enseignant.

Alltradis : Serais-tu capable de nous dire ce que tu aimes le plus dans ton métier, mais également ce qui, selon toi, reste le plus difficile à gérer ?

  • Solange : Je dirais que ce que j’aime le plus dans le métier de traducteur interprète est l’exigence que cette activité impose tant au niveau intellectuel que déontologique. D’abord l’exigence dans les langues, qui doivent constamment être travaillées, maintenues et préservées ; l’exigence dans l’approfondissement d’une culture générale et l’exigence déontologique car la traduction en général, et plus précisément l’interprétation de conférence, ne souffrent pas la médiocrité. S’adapter à des environnements différents, approfondir sa connaissance d’un sujet sont des défis permanents, stimulants et enrichissants. Le plus difficile à gérer est probablement le stress que génère cet effort renouvelé d’adaptation : adaptation à des individus et des environnements variés, à des situations de communication parfois délicates.

Alltradis : Pourrais-tu partager avec nos lecteurs quelques souvenirs des missions les plus enrichissantes auxquelles tu aies pu participer ?

  • Solange : Ce sont parfois et paradoxalement les difficultés liées à tant d’exigences qui rendent le métier d’interprète si intéressant. Je pense à des environnements particuliers qui m’ont marquée. C’est le cas des prestations fréquentes que j’ai pu faire pour la télévision et la radio (Arte, France 3 entre autres) où le travail de traduction a été accompagné d’un travail sur la voix, la labialisation, la présence physique sur un plateau télévisé et d’une complicité avec une équipe technique sans parler de celle que l’on peut établir avec les intervenants eux-mêmes qui sont soulagés et heureux de voir que la communication est parfaitement fluide. Dans un autre registre, ce sont des interventions en milieu hospitalier ou dans des ONG et associations comme Amnesty International qui font prendre conscience de l’importance du contact humain et de la médiation pour les professionnels que nous sommes.

Alltradis : Avant de devoir mettre un terme à cet échange des plus enrichissants, et en qualité cette fois-ci de directrice du Master de traduction, quelles sont selon toi les qualités essentielles aux métiers de la traduction (tant à l’oral qu’à l’écrit) ?

  • Solange : Malgré les prophéties parfois pessimistes des professionnels du milieu qui pourraient dissuader certaines jeunes futurs collègues de poursuivre dans cette voie, j’ai envie de les encourager à persévérer tout en insistant sur les qualités et les compétences particulières qu’il convient de développer : tout d’abord l’amour des mots, l’amour des langues, l’amour de sa langue.  « La pire faiblesse pour le langage » nous dit Jacqueline de Romilly, académicienne et auteure d’ouvrages sur la langue, « est sans doute de se contenter d’à- peu-près, alors que l’on dispose de tout un éventail de mots de sens voisin, permettant de nuancer sa pensée et d’éviter les malentendus ». Une autre qualité indispensable est la curiosité intellectuelle : le traducteur-interprète même s’il n’a pas de compétence de conception doit avoir une compétence de compréhension, constamment renouvelée par sa proximité avec des domaines très différents de la connaissance et du savoir. A cela ajoutons quelques bonnes pincées d’adaptabilité, une grande énergie physique et mentale sans oublier l’exigence déontologique qui lui permettra de défendre son métier et surtout de le valoriser en le faisant connaître. Sans aucun doute une formation digne de ce nom en traduction et en interprétation de conférence est indispensable car elle permettra aux futurs apprenants à développer ces compétences et surtout l’envie de bien faire son métier.

 

Qui sommes-nous? 

Agence de traduction AlltradisL’agence de traduction Alltradis est aujourd’hui incontournable sur le marché de la traduction et de l’interprétation de conférence.

Notre expérience, acquise depuis quasiment 20 ans à travers la traduction écrite de plus de 19.000 projets multilingues et la traduction simultanée des plus grands congrès mondiaux, nous confère aujourd’hui un statut de référence qualité dans plusieurs domaines (traduction médicale/pharmaceutique, traduction cosmétique/luxe/mode, traduction technique, traduction juridique,  traduction marketing/finance/RH, etc).

Pour en savoir plus, veuillez consulter notre site web: www.alltradis.com


 

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