Alltradis accompagne l'association Bloom dans le cadre d'une conférence sur la pêche en eaux profondes 1

Ce que traduire veut dire dans le monde d’aujourd’hui…

En septembre 1991, l’Association internationale des villes francophones de congrès (A.I.V.F.C.) avait publié une brochure destinée aux organisateurs de colloques et manifestations scientifiques  susceptibles de faire appel à de l’interprétation simultanée et intitulée : Communiquer dans la langue de son choix : une liberté fondamentale.  Cette initiative répondait aux inquiétudes d’organisateurs, de professionnels de congrès et de chercheurs face à l’évolution vers le monolinguisme constaté dans de nombreux pays. Même si aujourd’hui, grâce à la mondialisation des échanges, la connaissance de plusieurs langues étrangères dont l’anglais permet une communication plus aisée au sein de forums divers et de manifestations internationales, la possibilité de s’exprimer dans la langue de son choix est essentielle. Trop souvent encore, le choix du monolinguisme pour l’organisation d’une manifestation internationale repose sur plusieurs idées fausses :

-le mythe d’une langue universelle

-la méconnaissance des mécanismes du langage

-une appréciation erronée des coûts de l’interprétation simultanée.

Comment pouvons-nous, en tant que professionnels de la traduction, des échanges et de la médiation expliquer que ces idées fausses impliquent une remise en cause  de la liberté d’expression et un appauvrissement intellectuel ?  Les réflexions qui suivent et que nous pouvons partager avec ceux qui ne connaissent pas les enjeux et l’importance de la traduction nous y aiderons peut-être.

1-      L’immense diversité des langues dans le monde et le multilinguisme qui prévaut dans la grande majorité des Etats font de la traduction l’enjeu majeur de la communication et des échanges entre les individus. Le multilinguisme signifie que le monde continue à se penser et à s’exprimer en plusieurs langues et que l’on ne peut jamais réduire les langues à leur simple fonction de service. Pour mieux comprendre le lien entre langue et traduction, reprenons la métaphore de François Ost qui, comme d’autres linguistes et traducteurs, nous explique que les langues sont des processus vivants, parcourus de multiples tensions, d’ambivalences et alourdis de contresens et d’approximations mais aussi capables d’inventivité et de créativité et que cette créativité est possible grâce aux confrontations, échanges et coexistences qui se produisent entre ces langues et les cultures qu’elles représentent. Les langues ne sont pas des produits finis séparés par des frontières étanches ;

2-       Il semble difficile dans ces conditions de plaider pour une langue unique, »parfaite » qui serait une espèce de passeport universel permettant à tous de dire la même chose avec les mêmes mots, une langue unique qui devrait contenir toutes les imprécisions, les ambivalences  de nos langues, de notre propre langue. Car nos langues ne sont jamais de simples données attestées par le lexique ou de simples faits de nature normalisés par la grammaire.  La traduction existe déjà dans notre propre langue ne fût ce que parce que nous devons traduire les sous-langages spécialisés des différents secteurs sociaux ou professionnels que nous côtoyons ;

3-      A l’heure de l’Europe des Vingt-Sept et de ses 24 langues officielles, la question des enjeux de la communication et des échanges en respectant les différences des langues et des cultures est un enjeu majeur. Parce qu’il existe une distinction essentielle entre « l’usage de service » et « l’usage de la culture », il faut résolument promouvoir le multilinguisme et la traduction ;

4-      De nombreuses raisons pragmatiques poussent aujourd’hui les États à favoriser une langue commune : simplification administrative, réduction des coûts, efficacité et intensification des communications, diffusion d’idées et de modèles, de normes, prestige international. Mais ces arguments sont-ils toujours défendables dans nos sociétés multiculturelles contemporaines ?  La multiplicité des langues en Europe est souvent ressentie comme une source de dépenses inutiles et d’entrave aux échanges commerciaux et à l’unification politique et dans beaucoup d’États-membres, l’anglais est plus reconnu comme une seconde langue que que comme une langue étrangère. Peut-on accepter, même si l’on ne peut que se réjouir de la diffusion d’autres langues comme l’anglais, l’instauration d’une lingua franca qui, comme le latin dans le passé et même le français au XVIIe siècle, serait une langue de communication universelle d’inspiration fonctionnelle ? La coexistence de langues différentes ne veut pas dire qu’il faille renoncer à la liberté de s’exprimer dans la langue de son choix ;

5-      Croire qu’une langue unique devrait présider aux échanges en Europe par exemple, c’est entretenir l’illusion que les membres de ces États appartiennent tous au même monde, ont la même histoire et partagent les mêmes expériences et les mêmes projets. « C’est croire que partout les mêmes mots renvoient aux mêmes choses et que les mêmes idées empruntent les mêmes locutions pour s’exprimer ; c’est aussi croire que chacun est en mesure de communiquer sans difficulté absolument toutes les idées et les sentiments qu’il nourrit, et ce, à des locuteurs disposés et capables de l’entendre sans distorsion aucune  » Ost,  Traduire : défense et illustration du multilinguisme, Paris, Fayard, 2009). Le danger serait alors d’avoir une langue unique conçue comme un code standardisé et dont les usages seraient normalisés, une langue incapable de s’enrichir grâce aux capacités suggestives des autres langues ;

6-      Quelle est donc la place de la traduction ? Elle opère comme une nécessité fonctionnelle à l’interface de toutes les langues, et cela depuis toujours et dans des domaines très différents et elle permet d’accepter la diversité culturelle et linguistique. Elle ne peut pas être considérée uniquement dans sa dimension fonctionnelle et instrumentale en permettant le simple « change » des mots car elle joue un rôle dynamique et transformateur de deux cultures en présence ;

7-      Dans le domaine de la recherche en général et plus précisément de la recherche scientifique, qu’il s’agisse du domaine des sciences dures ou des sciences humaines, la traduction permet d’éviter l’imprécision et le malentendu lorsque des chercheurs, qui n’ont qu’une connaissance codifiée et standardisée de l’anglais ou d’une langue étrangère, ne peuvent exprimer spontanément leur pensée et argumenter leur point de vue Il existe un véritable danger d’enfermement dans un paradigme unique, transmis dans une langue convenue. En effet les paradigmes scientifiques sont indissociables de tout un réseau de métaphores qui sont souvent le produit le plus original de nos langues naturelles . La diversité des langues sert non seulement la diversification originale et féconde des cultures mais aussi celle des pensées scientifiques ;

8-      Ces réflexions en faveur du multilinguisme ne doivent pas être considérées comme une action contre la langue anglaise mais une incitation à améliorer la qualité des échanges et de la communication qui dépend à la fois de la maîtrise de la langue utilisée, de la part de l’auditeur, comme de la part du locuteur ;

9-      Dans ces conditions, l’investissement pour une interprétation simultanée ou une traduction de qualité est justifié et ne représente généralement qu’une augmentation de 10 à 15% des droits d’inscription. Lorsque l’interprétation simultanée est assurée dans un colloque ou une manifestation scientifique, le nombre de participants augmente et de ce fait les frais par participant diminuent. Loin d’être un « mal nécessaire », la traduction est une réelle valeur ajoutée à condition d’être assurée par de véritables professionnels dont l’expertise et les compétences sont avérées et reconnues.

Solange HIBBS
Traductrice et interprète de conférence
Directrice du CETIM (Centre de Traduction, Interprétation et Médiation Linguistique)
Professeure des Universités
 

Qui sommes-nous? 

Agence de traduction AlltradisL’agence de traduction Alltradis est aujourd’hui incontournable sur le marché de la traduction et de l’interprétation de conférence.

Notre expérience, acquise depuis quasiment 20 ans à travers la traduction écrite de plus de 19.000 projets multilingues et la traduction simultanée des plus grands congrès mondiaux, nous confère aujourd’hui un statut de référence qualité dans plusieurs domaines (traduction médicale/pharmaceutique, traduction cosmétique/luxe/mode, traduction technique, traduction juridique,  traduction marketing/finance/RH, etc).

Pour en savoir plus, veuillez consulter notre site web: www.alltradis.com


 

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